Selon une théorie très populaire sur les réseaux sociaux, la réussite au Niger est officiellement décédée il y a plusieurs années. D'après les experts autoproclamés de Facebook, WhatsApp et des débats sous les hangars, la situation serait simple, il n'y a pas de travail, il n'y a pas d'opportunités, il n'y a pas d'avenir et, si vous n'avez pas un oncle ministre ou un cousin milliardaire, autant abandonner tout de suite.
Le problème avec cette théorie, c'est qu'elle est difficile à expliquer.
Comment se fait-il que malgré cette catastrophe annoncée, certains jeunes continuent de créer des entreprises, de décrocher des contrats, de lancer des projets et même de gagner leur vie honnêtement ?
Mystère.
Le Niger, ce pays où personne ne réussit... sauf ceux qui réussissent
On entend souvent : « Au Niger, il n'y a rien »
C'est une phrase fascinante, parce que lorsqu'on regarde autour de nous, on découvre des commerçants qui développent leurs activités, des créateurs de contenu qui gagnent en visibilité, des développeurs qui travaillent à distance, des artisans qui bâtissent des marques et des entrepreneurs qui créent de l'emploi.
Bien sûr, cela ne signifie pas que tout est facile. Réussir au Niger, c'est un peu comme jouer à un jeu vidéo en mode difficile pendant que d'autres jouent en mode normal. Les obstacles sont nombreux, les coupures d'électricité existent, l'accès au financement reste compliqué, l'information circule parfois plus lentement qu'une connexion Internet un jour de pluie.
Mais difficile ne veut pas dire impossible. Sinon, il faudrait expliquer pourquoi certaines personnes y arrivent malgré tout.
Le grand concours national du découragement
Le Niger possède un talent particulier. Nous avons parfois la capacité de décourager quelqu'un avant même qu'il ait commencé.
Vous voulez lancer une activité ? On vous explique immédiatement pourquoi cela ne marchera pas.
Vous voulez apprendre une compétence ? On vous rappelle qu'il n'y a pas d'emploi.
Vous voulez créer une entreprise ? On vous raconte l'histoire de quelqu'un qui a échoué il y a quinze ans.
Le plus impressionnant est que beaucoup de ces experts n'ont jamais essayé eux-mêmes. Ils sont simplement titulaires d'un doctorat en pessimisme appliqué.
L'illusion du billet d'avion magique
Pour certains, la réussite commence à l'aéroport. Le raisonnement est simple :
- Au Niger = échec.
- À l'étranger = succès automatique.
Si seulement c'était aussi simple. La vérité est beaucoup moins spectaculaire. Partir peut ouvrir des portes, découvrir d'autres environnements peut être bénéfique, mais ce ne sont pas les avions qui créent la réussite. Ce sont les compétences, le travail, la discipline et la capacité à saisir les opportunités. D'ailleurs, il suffit de regarder autour de nous, certaines personnes quittent le pays et réussissent. D'autres quittent le pays et rencontrent les mêmes difficultés qu'avant. À l'inverse, certaines personnes restent et construisent quelque chose de solide.
Le lieu change parfois les conditions du jeu. Il ne joue pas à votre place.
Le diplôme : ce super-héros fatigué
Pendant longtemps, on nous a raconté une belle histoire : « Travaille bien à l'école, obtiens ton diplôme et tout ira bien. »
Des générations entières ont grandi avec cette promesse. Puis beaucoup ont découvert que le diplôme n'était pas exactement un ticket VIP vers l'emploi. C'était plutôt une clé parmi beaucoup d'autres. Une clé utile, importante même, mais pas suffisante. Aujourd'hui, les employeurs recherchent également des compétences pratiques. Ils veulent savoir ce que vous savez faire, pas uniquement ce que vous avez étudié. Le monde du travail pose de moins en moins la question : « Quel est votre diplôme ? » Et de plus en plus la question : « Que pouvez-vous accomplir ? »
Alors, réussir au Niger est-ce encore possible ?
La réponse risque de décevoir les pessimistes professionnels.
Oui. C'est possible.
Oui. C'est difficile.
Oui. C'est parfois frustrant. Tout le monde ne part pas avec les mêmes avantages.
Mais non, la réussite n'a pas disparu du territoire national, elle n'a pas pris l'avion, elle n'a pas demandé l'asile économique. Elle est toujours là. Simplement, elle est devenue plus exigeante. Elle demande davantage de compétences, davantage d'adaptation, davantage de patience, davantage de résilience.
Au fond, la vraie question n'est peut-être pas : « Peut-on réussir au Niger ? »
La vraie question est plutôt : « Suis-je prêt à faire ce qu'il faut pour réussir, même dans un environnement imparfait ? »
Parce qu'attendre que tout soit parfait est probablement le projet qui a le moins de chances de réussir et pendant que certains continueront à expliquer pourquoi rien n'est possible, d'autres seront occupés à construire quelque chose. L'histoire montre généralement que ce sont ces derniers qui finissent par avoir le dernier mot.
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